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Arrivée dans le Sud du Sri Lanka
Je me présente: je m'appelle Céline Caillet, je suis volontaire au SLSCRP et je viens juste d'arriver de France pour m'installer dans le sud Sri Lanka avec mon mari, qui dirige l'unité chenilles de Loadstar dans l'usine de Midigama. Cette usine a servi de base dans les premiers jours de l'intervention des secours après le tsunami.
A peine descendus de l'avion, le 18 avril 2005, c'est d'abord un paysage dévasté, logeant la route menant de Colombo jusqu'à la côte Sud, qui s'offre à nos yeux. Le long de la côte, certaines maisons éventrées accueillent encore leurs occupants. D'autres personnes, n'ayant plus rien, logent dans des tentes, provisoires, installées en lieu et place de leur ancienne maison totalement détruite, rasée par la vague.
Et pourtant.4 mois à peine que le tsunami balayait les côtes du Sri Lanka et déjà : les routes complètement nettoyées, les gravats déblayés, et partout, la reconstruction qui est en cours dans les hôtels, les maisons, les écoles.
Nous arrivons dans le sud du pays. Sur les abords de la route, des camps accueillant des personnes déplacées sont visibles.
Le SLRP qui intervient sur une zone s'étendant entre Galle et Matara, a construit 3 camps temporaires immédiatement après la catastrophe; je pars avec Mahesha, une des personnes responsables des actions du SLRP dans le Sud, pour la visite du premier camp: le camp de Gurubabila
L'entrée du camp est située au bord de la route longeant la côte. Une personne en surveille l'entrée. Nous passons la barrière et entrons dans ce camp.
Devant nous, des tentes, nombreuses- le camp de Gurubabila accueille 70 familles- sont installées sur l'ancien terrain de jeu d'une école. Il fait très chaud et le camp semble désert en proportion du nombre de tentes installées.
Nous passons devant ces tentes et nous dirigeons vers l'arrière du camp, un coin qui n'est quasiment pas visible de la route. Aussi la surprise est grande d'y découvrir un coin de verdure, qui tranche avec l'aridité et la chaleur du terrain de jeu. Plusieurs personnes vaquant à leurs occupations sont installées dans ce coin du camp, profitant de la fraîcheur du lieu, et des installations réalisées par le SLRP. Les gens nous sourient.
Sur notre gauche, des enfants font du toboggan et de la balançoire. Des femmes installées à l'ombre les surveillent et partagent leurs activités.
Sur notre droite, quelques femmes font la vaisselle dans un bâtiment dallé en béton et recouvert d'une toiture. Des éviers y ont été installés et chaque famille peut ainsi avoir son coin pour préparer son repas, chacun ayant eu, entre autres, un réchaud et des ustensiles dès son arrivée dans le camp.
Plus loin, sur la gauche, des douches ont été également construites. Des douches sous les arbres, invisibles de la route et du camp, respectant l'intimité de chacun. Je suis agréablement surprise que lors de la construction, dans l'urgence, de telles considérations aient pu être prises, respectant l'intimité et les croyances de chacun.
J'apprends que durant cette semaine c'est le nouvel an Singhalais, période de festivités religieuses très importante pour les Sri Lankais. Aussi des festivités vont être organisées dans chaque camp, dont un banquet, et une distribution de cadeaux. Chacun s'y prépare, et les festivités s'organisent.
Continuant la visite, nous partons pour le site de Pelena, où des maisons sont en train d'être reconstruites.
Ce site est situé entre la route et la plage, juste en dehors de la zone des 100m dans laquelle le Gouvernement interdit désormais toute nouvelle construction.
Nous sommes fin avril et les travaux ont déjà bien avancé. Une douzaine de construction est en cours.
Nous avançons vers la première de ces maisons.
A l'entrée de la maison, nous rencontrons deux hommes en plein travail.
Je suis impressionnée par la taille de ces maisons, spacieuses, certes, mais surtout à étage, ce qui n'est pas commun en bord de mer.
L'un des hommes, Thilak Ranasinghe, suit mon regard et comprend ma surprise. Aussi, il explique, fièrement, qu'ils construisent des maisons à étage, et que si un nouveau tsunami arrive, ils ne craindront rien, ils pourront se réfugier à l'étage.
J'apprends ainsi que 75 maisons doivent être construites par le SLRP sur ce site. Toutes sont prévues pour résister aux Tsunami, faites en béton armé. L'étage supérieur est prévu pour accueillir les chambres, mettant ainsi les personnes à l'abri et leur permettant de dormir tranquille.
Thilak nous fait visiter la maison: en bas un séjour, une cuisine, une chambre et une véranda, en haut : deux chambres et une terrasse couverte, mais malgré son insistance, nous ne visiterons pas l'étage cette fois-ci car l'escalier vient juste d'être coulé...
Les travaux vont très vite et cette maison devrait être habitable durant le mois de juin soit 6 mois seulement après la catastrophe!